Trois étapes
La fabrication d'une photo dans un APN (Appareil Photo Numérique) est constituée de trois grandes étapes. Leur découverte vous permettra de mieux comprendre dans quel format de fichier vous devez enregistrer vos photos.
1 - La mesure
Un capteur est constitué de photosites. Chaque photosite mesure l'intensité lumineuse d'une seule couleur : rouge, vert ou bleu (certaines marques d'APN proposent Cyan-Jaune-Vert-Magenta ou encore Rouge-Vert-Bleu-Cyan). Les photosites sont disposés suivants la matrice de Bayer qui a pour particularité d'avoir autant de vert que de rouge et bleu réunis. En effet, l'oeil humain est plus sensible à la luminance (qui dépend beaucoup du vert) qu'à la chrominance.
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V |
R |
V |
| V |
B |
V |
B |
| R |
V |
R |
V |
| V |
B |
V |
B |
| Filtre à 3 couleurs |
La tension électrique générée par le photosite dépend de :
- l'exposition déterminée par le couple diaph/vitesse,
- la sensibilité affichée. Plus elle est élevée et plus le signal est amplifié.
Cette tension électrique générée par le photosite sera convertie en valeur numérique par le DAC (Digital Analog Converter). Si la valeur de la tension est convertie sur 8 bits, on peut mesurer 255 niveaux de luminosité (2 puissance 8). Si la valeur de la tension est stockée sur 10 bits, on mesure 1024 niveaux de luminosité (2 puissance 10).
Attention, un photosite ne contient qu'une valeur de luminosité (rouge ou vert ou bleu) alors que le pixel en contient trois (rouge et vert et bleu). Un fichier au format RAW n'est pas directement affichable par une application informatique et il est assimilable à un "négatif numérique".
Comment calculer la taille d'un fichier RAW :
(largeur * hauteur * profondeur) / 8
- largeur : nombre de photosite dans le sens de la largeur,
- longueur : nombre de photosite dans le sens de la longueur,
- profondeur : nombre de bit utilisé par le DAC pour coder la tension,
- le calcul est effectué en bit. En divisant par 8 vous obtenez des octets.
Exemple : pour un fichier issu d'un capteur 6 méga (3000*2000) et codé sur 12 bits :
(3000*2000*12) / 8 = 7 500 000 octets.
Divisez deux fois par 1024 pour avoir des Mo : 7,15 Mo.
Raw n'est pas un acronyme. Il s'agit d'un mot anglais qui veut dire "brut" ("cru" ou "pas cuit" en français).
2 - L'interpolation
L'interpolation est une étape purement logicielle et elle donc reproductible sur un ordinateur. A l'issue de cette étape, chaque photosite va devenir un pixel par interpolation des deux couleurs manquantes déduites des photosites voisins. En fait, les deux tiers des couleurs d'une photo sont calculés (à l'exception du capteur Foveon qui n'interpole pas car il dispose de 3 couches superposées pour mesurer le rouge vert et bleu de chaque pixel avec pour conséquence une sensibilité réduite). Ça marche, mais la reproduction d'un motif répétitif en diagonale, comme un tissu rayé, peut provoquer du moiré.
Après l'interpolation, il faut procéder à la balance des blancs. Ce terme vient du fait que le calculateur utilise le blanc comme base pour étalonner les autres couleurs. Or la couleur du blanc dépend de la nature de la lumière. Les lumières artificielles provoquent une dominante rouge orangée alors que la lumière naturelle du soleil provoque une dominante bleue (ces colorations ne sont pas perçues par l'oeil humain qui s'adapte automatiquement à la température de couleur).
3 - La compression
La photo est "développée" et il ne reste plus qu'à la compresser pour l'enregistrer sur la carte mémoire.
Trois formats
Vous avez trois formats de fichier à votre disposition :

3 formats pour 3 étapes : il est facile de comprendre que chaque étape aura son format.
RAW
Le fichier RAW correspond à la vision du capteur et il n'est pas exploitable tant qu'il n'a pas été interpolé. On le peut le considérer comme un "négatif numérique" qui sera développé par un des nombreux programmes qui ont pour fonction d'interpoler (C1 PRO, Photoshop CS, Bible...).
À l'oeil, une photo au format RAW est moins bonne qu'une photo au format JPG.
Alors pourquoi enregistrer en RAW ?
En fait, le RAW présente un potentiel supérieur aux autres formats. Mais il ne présente d'intérêt que si vous savez en tirer tout le parti. Si vous n'appréciez pas les longues séances de retouches devant un écran, faites du JPG.
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Les avantages du RAW :
- négatif numérique (ce que le capteur a vu),
- les réglages (contraste, netteté, saturation) sont notés lors de la prise de vue mais ils peuvent être modifiés lors de l'interpolation,
- l'exposition (surout la sous-ex) peut être rattrapée dans certaines limites. Il est possible de combiner un développement sous exposé pour les hautes lumières avec un développement surexposé pour les ombres à partir de la même photo,
- la température de couleur peut être ajustée,
- l'interpolation sera réalisée par des ordinateurs dont la puissance de calcul est largement supérieure à celle des APN.
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Les inconvénients :
- utilisation contraignante : le RAW n'est pas fait pour les gens pressés.
- la taille des fichiers sur les cartes mémoires est importante (voir le calcul en étape 1)
- une bonne connaissance de la retouche est nécessaire pour en tirer parti (il va être temps de s'y mettre !).
TIFF
Les photos aux formats TIF sont immédiatement exploitables. C'est un format sans compression et donc sans perte. Il a l'inconvénient d'être très gourmand en espace de stockage. Pour un capteur de 6 méga la place occupée sera :
3000 * 2000 * 3 = 18 000 000 octets
(1 pixels = 3 octets (R,V,B))
Divisez deux fois par 1024 pour avoir des Mo : 17,16 Mo.
Le format TIF a valeur de standard dans le monde l'image et il est compatible MAC/PC. C'est le meilleur choix pour archiver vos images après une retouche.
Les avantages du TIF :
- application des préférences de l'utilisateur en matière de contraste, saturation, netteté,
- format sans perte,
- standard d'archives.
Les inconvénients :
- taille des fichiers importante et en conséquence temps d'enregistrement sur la carte mémoire très long
JPEG
Conçu à l'origine pour Internet, le format JPEG applique une compression pour réduire la taille du fichier. Le taux de compression est réglable et généralement vous disposez des valeurs suivantes :
- SQH (super haute qualité) ou super fine : compression faible qui divise la taille du fichier par 3. La photo finale finale est quasi identique à la photo au format TIFF. Cette position est à privilégier.
- HQ (haute qualité) ou fine. Compromis qualité/taille du fichier acceptable.
- SQ (standard qualité) ou standard : la qualité la plus basse. Suppression IRRÉMÉDIABLE des plus fins détails de votre photo. À éviter.
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